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Marina Rossell fait ses débuts professionnels sur scène l’année 1974 en faisant les premières parties de Lluís Llach, Ovidi Montllor, Maria del Mar Bonet… En 1976 elle Autres de ses succès sont “Bruixes i Maduixes”, meilleur disque catalan de l’année sort son premier disque “Si volíeu escoltar”, produit par Llach, dans lequel elle rassemble des chansons populaires catalanes revisitées, des chansons qui l’accompagnent lors de ses premiers concerts. Bientôt, la critique musicale lui attribue le nom de “la voix exquise”.

Elle a enregistré plus de 20 albums, parmi lesquels: “Penyora” (1979), prix Fotogramas de Plata, œuvre qui l’a rendue très populaire et qui incluait le titre de La Gavina.

1980, “Rosa de foc”, prix Radio 4 par vote populaire, “Cos meu recorda”, “Barca del temps”, Disque d’Or, “Cinema Blau”, “Marina” et “Ha llovido”, son premier disque chanté en espagnol et qui a remporté un énorme succès dans tout le pays et en Amérique latine.

Elle a aussi publié “Entre línies” (1997), “Y rodará el mundo” (2000), “Cap al cel” (2002), “Marítim” (2003) et “Clàssics de Nadal” (2005), “Vistas al mar” (habaneras coloniales), “Clàssics catalans” (2007), “Marina Rossell al Liceu” (CD + DVD, 2008). En 2011 elle publie ce qui sera son premier disque où elle chante son ami Moustaki et qui fait partie de la trilogie consacrée à l’auteur-compositeur-interprète français d’Alexandrie et qui lui a rapportée partout tant de succès. Le CD “Marina Rossell canta Moustaki, vol. 1” (2011) a été le disque le plus vendu en langue catalane, avec plus de 30.000 copies. Dans le vol. 2 (2014), Rossell accomplissait le souhait de Moustaki, en chantant ses chansons préférées, choisies par lui-même. Clôt la trilogie “Marina Rossell tribut a Moustaki”, travail enregistré l’été 2014 au GREC Festival de Barcelona où Rossell s’est fait accompagner, entre autres, par Pia Moustaki (fille du chanteur), par le chanteur français Nilda Fernandez, par David Carabén (du groupe Mishima), par Cesk Freixas, etc. L’été 2015 Marina Rossell, avec le chorégraphe Ramon Oller, donne un cours de danse et de voix à l’Université internationale Menéndez Pelayo (UIMP) de Santander.

En 2015 elle présente “Cançons de la Resistència”, traduites au catalan par Josep Tero, où Marina Rossell reprend et adapte des chansons issues la résistance, nées de la Deuxième Guerre mondiale et contre le nazisme. Des chants faisant partie d’un paysage, d’un moment clé, d’un moment historique… des hymnes tels que Bella Ciao (chant des partisans italiens, dans lequel y participe le groupe Manel), Lili Marleen, Grândola, Vila Morena (avec la collaboration d’Enric Montefusco), La Cançó dels deportats, Si me quieres escribir, Cant dels Partisans Francesos (avec la collaboration de Paco Ibáñez) ou Quanta Guerra, écrite par la chanteuse elle-même. Des chansons destinées à créer de la résilience et à ne pas oublier l’infortune, la catastrophe et la déchirure qui comportent les guerres. La pochette et la calligraphie du CD sont signées par le sculpteur Jaume Plensa, internationalement reconnu.

2016 comprennent des concerts à New York, plusieurs villes en France comme Paris… Allemagne: Berlin, Autriche: Vienne, tournée de concerts au Canada: Toronto, Québec, Montréal…

Marina Rossell a effectué de nombreuses tournées en Europe, en Amérique latine et en Afrique du Nord. De sa trajectoire internationale il faut mentionner, parmi d’autres, ses concerts au Théâtre de la Ville de Paris, au Festival Tenco de San Remo et au Festival Outono Musicale de Côme, outre ses concerts en Arménie, à Bogotà, au Festival Internacional de Cuba, le concert Pro-Indigènes en Bolivie, au Festival Barcelona-Sarajevo, dans le Centre Culturel Guarani de Paraguay, au Théâtre Nacional de Cuba, à l’Ancienne Belgique de Bruxelles, ou à la Trastienda et au théâtre ND Ateneo de Buenos Aires. D’autres grandes dates ont été ses participations au MIDEM de Cannes en 2000 ou tous ses concerts au Palau de la Música de Barcelone. Elle a aussi chanté à La Plata (Buenos Aires, Argentine), en Grèce, à Rome, en France, en Suisse, à Francfort, à Santiago du Chili, au Guatemala, en Algérie, à Bagdad, en Israël, en Palestine, à Ciudad Juarez (Mexique), à New York…

 

Elle a collaboré avec beaucoup d’auteurs et interprètes, parmi lesquels il faut citer Georges Moustaki, Montserrat Caballé, Lila Downs, Miguel Poveda, Angelo Branduardi, Tete Montoliu, Luis Eduardo Aute, Carlos Cano, Marc Parrot, Santiago Auserón, Paco Ibáñez, Manzanita, Maria del Mar Bonet, Toti Soler, Pedro Guerra, Roger Mas, le multi-instrumentiste argentin Pedro Aznar, Kepa Junkera, Sérgio Godinho, María Dolores Pradera ou le groupe Mishima.

 

En raison de son engagement civique et social, Marina Rossell a reçu plusieurs prix, dont beaucoup ce sont des reconnaissances qui vont au-delà de son versant artistique, tels la Creu de Sant Jordi, décernée par la Generalitat de Catalunya (1988). Elle a été nommée Visitante ilustre de La Plata (Argentine, 2007), elle a reçu le prix Olof Palme pour son soutien à la paix (2007), le prix Protagonistas (2010), le prix de l’Academia de la Música au meilleur disque de musique traditionnelle de l’année 2009, le prix Enderrock à la meilleure production de l’année 2012 pour l’album «Marina Rossell canta Moustaki» et le prix Altaveu 2013 à une trajectoire artistique…

Marina Rossell : petite histoire d’une voix exquise

Enfance à la campagne

Marina Rossell a été une fillette un tantinet espiègle, qui a grandi à la Gornal, la bourgade où elle est née, située dans la région catalane du Penedès, entre la mer et la montagne. Tout un hasard pour la future chanteuse qui, lors qu’elle était enfant, courrait de l’aire à la vigne et de la vigne vers la maison où elle s’arrêtait en silence pour écouter les chansons que sa mère chantait lors qu’elle lavait le linge au lavoir. Son père était paysan.

Les chansons étaient partout

Durant son enfance, et dans celle de tellement de gens, aux dates du calendrier, les actes de la petite église tels que les chants des processions, les après-midis du catéchisme, les semaines saintes les femmes coiffées d’une mantille et les chants de Noël côtoyaient les actes ludiques : les chants des « caramelles » à Pâques, les représentations des « pastorets » à Noël, les bals lors de la fête du village, mais encore les actes un peu plus païens : le bruit assourdissant des feux d’artifice et des pétards des réveillons d’été. Tout cela fait partie de son premier bagage musical.

Adolescence avec guitare à Barcelone

Le fait que Marina, troisième d’une fratrie de cinq, ait pris la décision de quitter son village natal à seulement seize ans, a été son tout premier acte de courage personnel en face et en sa faveur. Elle portait avec elle, comme seul bagage, une guitare, une petite valise et une destination : Barcelone. Aussitôt arrivée dans la grande ville, elle éprouve d’un côté le désarroi mais en même temps la séduction face à ce nouveau monde. Jusqu’à ce qu’elle n’a pas obtenu un poste d’infermière dans un hôpital, en service de nuit, elle a fait de petits boulots mais c’est le travail d’infermière qui lui offre la possibilité de continuer les cours de solfège commencés à El Vendrell, quelques années auparavant, lors qu’elle habitait à la Gornal. Au fur et à mesure que Marina grandissait à Barcelone, l’importance de la musique grandissait parallèlement en elle. Elle ne savait pas encore que l’instrument le plus précieux qu’elle possédait elle le portait sur elle: sa voix.

La voix exquise

La voix de Marina Rossell, chaude et intense comme il y en a peu, constitue son empreinte la plus personnelle et identifiable. Plus pondérée au fil des ans, elle acquiert des nuances, elle s’enrichit et se nourrit des vécus musicaux et de nouveaux horizons. C’est en 1974 qu’elle débute sa carrière de chanteuse, en passant en première partie de Lluís Llach et d’Ovidi Montllor. Marina a été la voix de la transition, celle d’une génération dont la Catalogne n’en a pas connu d’autre ou, en tout cas, pas de cette envergure et durée dans le temps. De 1976 jusqu’à nos jours, elle a enregistré une vingtaine d’œuvres discographiques dont certaines avec distribution internationale : aux États-Unis, en Europe : France, Allemagne, Royaume-Uni, Portugal, Belgique, et même au Japon ou en Amérique du Sud : Argentine, Chili, Uruguay, Paraguay…

Engagement et attitude solidaire envers le monde

De par sa condition de chanteuse, elle a pu effectuer d’innombrables voyages à caractère solidaire. De l’Arménie, à la Bosnie, la Colombie, le Sahara, la Palestine, Israël, en passant par Ciudad Juarez au Mexique, Cuba et jusqu’à Bagdad, peu de jours avant que la guerre d’Irak n’éclate. Ce privilège lui a servi pour s’affirmer davantage –s’il y en a lieu– dans son attitude toujours engagée avec la paix et au service des libertés civiles et individuelles, ce qui l’a fait méritante de prix remplis de relevance et de contenu, tels que l’Olof Palme de la Paix.

Au Gran Teatre del Liceu le 11 Septembre 2008

Au Liceu, elle a chanté des morceaux intemporels, qui configurent les piliers de la « Renaixença », le « Modernisme » et le « Noucentisme », jusqu’à nos jours. Un siècle et demi d’histoire, revalorisant le patrimoine culturel. Un patrimoine et une histoire que Marina ne se lassera pas de chanter. Ceci faisant, elle reprendra une fois de plus son goûter fait de pain et de chocolat et se dépêchera de nouveau de la vigne à la maison, dans le petit village de la Gornal, tout en évoquant sa mère… Tout un monde de choses et de personnes aimées qui n’existe plus. Et on continuera de la suivre, au vol de sa voix diaphane.

Merci de nous accompagner !

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